writober2022 Jour 4
La mise en Station
Il arrive comme à son habitude, plus d’une heure avant la tombée de la nuit et se gare à l’orée d’un petit bois qui borde la route peu fréquentée qu’il vient d’emprunter. Sans doute à la retraite, cet homme, appelons-le Eudes, connait visiblement bien l’endroit, les pneus de sa voiture épousant à la perfection les traces sur le sol.
Le vieil homme s'extraie de sa voiture, lève les yeux vers et le ciel et sourit en constatant l’absence totale de nuage. Après avoir ouvert son coffre, il commence à récupérer son équipement un à un. Tout d’abord, c’est un gros caddie dont le contenu à l’air rembourré qui est sorti délicatement, puis il attrape un trépied replié assez lourd et massif qui sera fixé à l’aide d’une lanière sur le caddie, pour finir il attache une petite chaise de camping repliée sur un énorme sac à dos qui se retrouve rapidement sur son dos.
Après avoir verrouillé son véhicule, notre homme se dirige vers un petit chemin entre les arbres. Ce trajet, il le connait par cœur, il sait que le sentier est plat, sans racines ou grosses pierres qui dépassent ; c’est parfait pour pouvoir tirer son attirail renfermant son précieux chargement.
Une quinzaine de minutes de marche plus tard, la piste débouche sur une vaste prairie complètement vide, pas d’habitation, de route, ni d’arbre. Eudes continue son avancé pendant encore quinze minutes afin de s’éloigner suffisamment des arbres.
Une fois arrivé sur place, il s’accorde une petite pause en dépliant sa chaise et en sortant de son sac une petite partie du casse-croûte qu’il a prévu pour sa soirée. Le soleil est maintenant juste au-dessus de l’horizon et le ciel toujours autant dégagé, il arbore toujours une mine aussi satisfaite.
Avant, la tombée de la nuit, il se remet au travail. Sur une partie plate du sol, il commence par déplier le trépied et par bien resserrer toutes les vis pour être sûr de sa stabilité puis il teste brièvement le moteur sur la partie haute de sa monture. A l’aide d’une boussole, il place de manière assez grossière dans un premier temps son trépied, il fera les bons réglages après son montage.
Il retire ensuite de son caddie, un télescope emballé dans de multiples protections, et en prenant bien soin de ne rien heurter, il le fixe sur la monture, le contrepoids de cette dernière permet à l’assemblage d’être stable. Il met ensuite son appareil photo numérique dans l’emplacement prévu avant de le relier à son ordinateur portable qui gardait dans son sac.
Le soleil a désormais disparu, et la nuit s’installe. Il repère rapidement l’étoile polaire, il est temps de faire la mise en station. Il vérifie sur une application dédiée, l’écart avec l’étoile polaire à prendre en compte à cette période de l’année. Puis à l’aide trois molettes sur la monture il procède à des réglages afin de faire pointer le viseur polaire de la monture exactement vers le nord, soit environ à trois quarts de degré d’α Ursae Minoris. Il regarde fréquemment ses petites cartes du ciel où il a dessiné des triangles formés par des étoiles pour vérifier la précision de son réglage.
Une fois la mise en station faite, le télescope peut enfin être pointé vers la partie du ciel à observer, cette nuit, la galaxie d’Andromède. Notre observateur met le moteur de sa monture en route qui, grâce à ses préparations, va permettre au télescope de suivre la galaxie tant qu’elle sera visible dans le ciel en tournant de manière parallèle à l'axe de rotation de la Terre.
Satisfait, Eudes récupère un sandwich et des jumelles de son sac, s’assoie et contemple la voûte étoilée, s’apprêtant à passer une longue nuit seul et tranquille à la belle étoile.
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